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La Sage, un village, une âme


Au Val d’Hérens, on peut dire que tous les villages ont su conservé leur caractère authentique : Mase et ses chalets de bois brunis par le soleil, Saint-Martin et son chapelet de hameaux, Mâche et son patrimoine bâti classé d’importance nationale, Hérémence, village alpin entre tradition et modernité, Les Haudères et son cœur de village historique, Evolène, parmi les plus beaux villages de Suisse, dont la beauté alpine lui vaut une belle notoriété et… les hameaux «Sur les Rocs», Villa, La Sage, La Forclaz, Ferpècle… Des villages de carte postale où le temps semble s’être arrêté. Des lieux au charme suranné et à la beauté pittoresque qui ravissent les amoureux de vieux bois. Parmi tous ces villages, si semblable par leur cachet alpin mais finalement si différent dans leurs habitudes et coutumes, il y en a un qui cultive une certaine différence, par son esprit et son art de vivre : La Sage La Sage, petit village du Val d’Hérens perché à 1650 m d’altitude, dits «Sur les rocs» ainsi nommé car construit sur une terrasse rocheuse surplombant de 300 mètres le village d’Evolène. Il trône sur un belvédère au-dessus de la vallée, un balcon ensoleillé dans un décor de montagne : les Dents de Veisivi, le Pigne d’Arolla, l’Aiguille de la Tsa. Est-ce sa position qui lui confère ce petit truc qui le rend si singulier ? Avec sa centaine d’habitants, La Sage fait partie de ces villages qui ont su traverser les âges avec une vie villageoise à la fois singulière et extraordinaire. Alors que les routes ne sont pas encore carrossables, le Grand Hôtel de La Sage est né en 1906 avec l’âge d’or du tourisme alpin. Le voyage dans les alpes commence aves les premiers touristes britanniques. 150 ans plus tard, l’hôtel de La Sage est toujours là, il n’a pas pris une ride et reste un lieu typique de cet épopée montagnarde, donnant au village un air d’antan. Face à lui, la chapelle Saint-Christophe, ilot solitaire sur sa colline. Une chapelle au charme irrésistible avec ses murs blancs ornés d’ocre. Savez-vous que l’on doit la sauvegarde de ce site à Marie des Collines ? Marie des Collines ?! Une femme ordinaire extraordinaire. Marie Quinodoz-Follonier dit « Marie des Collines ». Paysanne de montagne, née en 1914, elle a du renoncé à devenir institutrice pour prendre la tête de l’exploitation agricole familiale à l’âge de 14 ans. Curieuse et intelligente, elle dévore les livres et devient érudite. Au début des années 1960, elle fait le pari d’ouvrir un café (le 4ème café du village). Très vite, le café devient un lieu de rencontres incontournables, un «café littéraire et philosophe» bien avant l’heure. Connaissez-vous la formidable histoire de « Marie des Collines » ? Aujourd’hui, le mythique Café des Collines existe toujours sous le nom de Resto des Collines, tenu par un jeune couple franco-belge. Le sens de l’hospitalité cher à Marie y règne toujours, le lieu n’as pas changé, la vaste terrasse panoramique est sans conteste une des plus belles terrasses du Val d’Hérens et la cuisine de François-Xavier est savoureuse. Une belle adresse qui honore la mémoire de Marie des Collines. A côté, du restaurant se trouve la petite bibliothèque de La Sage, certainement la plus petite bibliothèque du monde. Du moins par sa taille car elle compte quand même près de 4000 ouvrages avec quelques lectures hérensardes et valaisannes. Comme vous vous en doutez, on doit aussi ce lieu à Marie des Collines. Etes-vous déjà rentré dans ce lieu atypique ? La littérature au cœur d’un village de montagne. Mais pas seulement ! La musique tient aussi une place importante à La Sage. Saviez-vous qu’avant même que la route des Haudères-La Sage soit carrossable, on comptait une bonne dizaine de pianos. Vu le peu d’habitant, ça devait représenter un certain pourcentage, vous ne croyez pas ?! Depuis le siècle passé, de nombreux musiciens de renommée internationale ont séjourné à La Sage : André Levy, Henri Dutilleux et tant d’autres. Savez-vous comment est né la tradition des « Concerts de La Sage » qui perdure de nos jours ? Si vous êtes de passage dans la région, ne manquez pas ces rendez-vous estivaux. Un hôtel historique, un café littéraire, une bibliothèque… des gens d’hier qui ont écrit l’histoire de La Sage en lui donnant ce petit supplément d’âme. L’histoire continue de s’écrire avec les amoureux de La Sage d’aujourd’hui. Je pense à Francine qui est l’initiatrice du sentier contemplatif « Sur les Rocs », à Jean-Michel et Karine qui viennent de reprendre le gîte l’écureuil après quelques années passées à la Cabane des Vignettes, à Marlène, l’enfant du pays qui a basculé en une fraction de seconde de la vie zurichoise au quotidien montagnard pour reprendre la petite épicerie de La sage après 40 ans de service de Bernadette, à Laetitia et Aurélie qui ont redonné vie au café-restaurant du Col du Torrent, à Lydie qui perpétue la tradition du tissage, à André qui après une vie de guide peint les montagnes du Val d’Hérens… et j’en oublie surement de ces gens passionnés passionnants ! Un village de charme avec des chalets d’un autre temps, une petit chapelle croquignolette avec vue sur le Val d’Hérens, un lieu ensoleillé à la douceur de vivre incomparable, une atmosphère paisible hors du temps, une parenthèse sur les plus belles terrasses du Val d’Hérens, une rencontre avec une épicière pas comme les autres, des balades contemplatives sur des sentiers de petites et grandes randonnées, et surtout… des gens ordinaires extraordinaires, je crois qu’il n’en fait pas davantage pour passer de bons moments « Sur les Rocs » de La Sage à Villa.

Et si vous me suiviez pour une balade contemplative sur les pas de Marie et ressentir l’âme du village ? Rendez-vous sur « Sur les pas de Marie » Carnet d’adresses : Hôtel de La Sage Restaurant des Collines Restaurant Col du torrent Tissage à La Sage Gite l’écureuil Epicerie de La Sage Sentier contemplatif André Georges, peinture


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Connaissez-vous la plus petite bibliothèque du monde ? Bon, rien n’est prouvé mais j’ai envie de croire que c’est bel et bien la plus petite au monde. C’est en tout cas à mes yeux la plus insolite et